La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) touche plus de trois millions de personnes en France. Au-delà des poumons, la maladie entraîne une inflammation généralisée, un effort respiratoire accru et une fatigue persistante. Ces mécanismes augmentent les besoins énergétiques tout en réduisant l’appétit, en favorisant perte de poids et fonte musculaire, marqueur de dénutrition. Selon la Fédération Antadir, Association Nationale pour les traitements à domicile, elle est présente chez 19 à 40% des patients atteints de BPCO modérée à sévère.
Un cercle vicieux délétère
L’obstruction bronchique oblige les muscles respiratoires à fournir un effort constant pour assurer la ventilation. Cette surconsommation d’énergie s’accompagne d’une inflammation systémique chronique, favorisant la dégradation des fibres musculaires par l’organisme. Sans compter que l’essoufflement, la fatigue et parfois l’anxiété réduisent les apports alimentaires. Manger devient pénible, la sensation de satiété apparaît plus rapidement, et l’appétit diminue.
Dépister pour agir plutôt
Encore sous-diagnostiquée, la dénutrition nécessite un repérage systématique. Des outils validés comme la mini-évaluation nutritionnelle MNA ou l’évaluation globale subjective (SGA) permettent d’identifier rapidement les patients à risque.
Suivi du poids, alimentation enrichie en protéines et éducation thérapeutique visent à préserver la masse musculaire, à soutenir la fonction respiratoire et à rompre le cercle essoufflement–perte d’appétit–dénutrition.
Un dépistage précoce et une prise en charge nutritionnelle adaptée sont donc essentiels pour ralentir l’évolution de la BPCO et améliorer la qualité de vie.