Face aux pleurs persistants d’un nourrisson, la fatigue, le stress ou l’impuissance conduisent parfois un adulte à perdre le contrôle et à le secouer pour tenter de le calmer. Ce geste violent, même bref, provoque de graves séquelles neurologiques. En France, chaque année, plusieurs centaines de bébés en sont victimes. Si un bébé sur dix en meure, les autres garderont des séquelles à vie.
Un cerveau fragile
Le corps d’un nourrisson est encore en plein développement. Sa tête représente une part importante de son poids total et les muscles du cou sont trop faibles pour la maintenir fermement. En cas de secousses, sa tête se balance brutalement d’avant en arrière. Ce mouvement violent projette son cerveau contre la boîte crânienne.
Des lésions cérébrales graves
Ces secousses provoquent la rupture de petits vaisseaux sanguins et de fibres nerveuses. Cela entraîne des saignements à l’intérieur du crâne, appelés hémorragies sous-durales, qui compriment le tissu cérébral.
Les mouvements brusques étirent ou déchirent les connexions entre les cellules nerveuses. On parle de lésions axonales diffuses, responsables de troubles neurologiques sévères.
Le cerveau peut gonfler après le traumatisme. Cet œdème augmente la pression dans la boîte crânienne et perturbe le fonctionnement du système nerveux.
Les conséquences sont nombreuses et graves
Déficit visuel ou cécité, surdité, retard du développement psychomoteur ou des handicaps moteur, troubles du langage, de l’apprentissage et du comportement, ou encore crises épileptiques, 75% de séquelles sont handicapantes à court et long termes. Près de 50% des bébés secoués restent handicapés à vie.
En cas de pleurs intenses et de fatigue, ne secouez jamais un nourrisson : ayez la bonne attitude et prenez quelques minutes pour vous calmer ou demander de l’aide.