Chaque année en France, plus de 22 000 personnes attendent une greffe d'organe. Pourtant, faute de donneurs, des centaines d'entre elles ne survivent pas à cette attente. La Journée nationale de réflexion sur le don d'organes, célébrée chaque 22 juin, existe pour briser ce silence et encourager un geste fondamental : parler de ses volontés à ses proches.
Pourquoi la parole est le premier acte qui sauve
En France, la loi considère que tout citoyen est donneur d'organes par défaut, sauf opposition inscrite sur le Registre national des refus. Pourtant, lorsqu'un décès survient, les équipes médicales se tournent systématiquement vers la famille pour s'assurer que le défunt n'avait pas exprimé de refus. Dans ces moments de douleur intense, les proches ignorent souvent la position du disparu. Résultat : des prélèvements sont refusés par méconnaissance.
Le dialogue au cœur du don
Aborder le sujet en famille semble difficile, presque tabou. Pourtant, une discussion de quelques minutes suffit à éviter des années de regrets. Voici comment engager ce dialogue sereinement :
Choisissez un moment calme, sans urgence ni pression particulière.
Partagez vos valeurs : pourquoi le don d'organes a du sens pour vous.
Écoutez aussi les réticences de vos proches, sans jugement.
Notez vos volontés par écrit et informez vos proches de l’existence de ce document.
Si vous êtes opposé au don, inscrivez-vous sur le Registre national des refus.
Officialiser son refus
Pour ceux qui ne souhaitent pas donner leurs organes, la démarche officielle consiste à s'inscrire sur le Registre national des refus géré par l'Agence de la Biomédecine. Cette inscription se fait en ligne ou par courrier, et reste modifiable à tout moment. L'important est que votre position soit connue, quelle qu'elle soit, pour soulager vos proches d'une décision impossible à prendre seuls.
Le rôle de votre pharmacie dans cette démarche
Votre pharmacie est un lieu de confiance et de proximité. À l'occasion de cette journée de réflexion, n'hésitez pas à interroger votre pharmacien sur le don d'organes. Il dispose de brochures d'information et saura vous orienter vers les ressources officielles de l'Agence de la Biomédecine. Parler, informer, transmettre : ces actes simples constituent un précieux atout dans la chaîne de solidarité qui relie donneurs et receveurs.
En ce 22 juin, discutez-en avec vos proches ! Un mot prononcé aujourd'hui, c'est une vie préservée demain.