Depuis le vendredi 15 mai, une page se tourne pour les consommateurs de produits à base de CBD en France. Les denrées alimentaires contenant du cannabidiol — cette molécule extraite du chanvre, réputée pour ses propriétés apaisantes — sont officiellement interdites à la vente en France. Une décision de la Direction générale de l’alimentation (DGAL) qui touche un large éventail de produits du quotidien et qui mérite quelques explications.
Quels produits sont concernés par cette interdiction ?
Cette mesure s'applique à l'ensemble des aliments et boissons enrichis en CBD. Sont donc visés :
Les infusions et tisanes au CBD ;
Les huiles alimentaires à base de cannabidiol ;
Les sirops, bonbons et confiseries enrichis ;
Les compléments alimentaires contenant du CBD ;
Les boissons et eaux aromatisées au cannabidiol.
En revanche, les produits cosmétiques à base de CBD — crèmes, baumes, huiles de massage — ne sont pas concernés par cette interdiction, tout comme les fleurs de chanvre à fumer ou à vaporiser, soumises à une réglementation distincte.
La réglementation 'Novel Food' appliquée plus strictement
Derrière cette interdiction se cache un règlement européen datant de 1997 : le règlement 'Novel Food'. Ce texte encadre la mise sur le marché de tout aliment considéré comme “nouveau',” c'est-à-dire n'ayant pas été consommé de façon significative dans l'Union européenne avant cette date. Y figurent des denrées comme les insectes comestibles, la viande cellulaire… ou encore le CBD, classé dans cette catégorie depuis juin 2023. Or, à ce jour, aucun extraIt de cannabidiol destiné à l'alimentation n'a encore obtenu l'autorisation officielle de l'Union européenne au titre de ce règlement. En l'absence de ce feu vert, sa commercialisation dans les produits alimentaires est tout simplement illégale sur le territoire français et européen.
Pourquoi cette décision intervient-elle maintenant ?
Depuis plusieurs années, les autorités françaises et européennes avaient adopté une attitude de tolérance vis-à-vis de ces produits, dont le marché avait connu une croissance spectaculaire. Mais face à l'essor du secteur et aux interrogations persistantes sur la sécurité et les effets à long terme du CBD ingéré, la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) a décidé d'appliquer le règlement dans toute sa rigueur. Les professionnels de la vente — dont les pharmacies — ont ainsi reçu instruction de retirer immédiatement ces références de leurs assortiments.
Et maintenant, quelles alternatives pour les consommateurs ?
Si vous utilisiez des produits à base de CBD pour favoriser la détente, améliorer votre sommeil ou réduire un état de stress passager, il existe heureusement d'autres solutions naturelles, bien documentées et disponibles en pharmacie. Les plantes comme la valériane, la passiflore, la mélisse ou encore la mélatonine peuvent constituer des alternatives intéressantes selon votre profil. N'hésitez pas à solliciter le conseil de votre pharmacien, qui saura vous orienter vers la solution la mieux adaptée à vos besoins et à votre situation personnelle. Votre équipe reste disponible pour répondre à toutes vos questions sur cette évolution réglementaire.