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Maladies chroniques

Maladie à corps de Lewy : mieux repérer pour mieux accompagner

Deuxième cause de démence dégénérative après Alzheimer, la maladie à corps de Lewy reste souvent mal connue. Découvrez ses signes distinctifs et les clés d'un accompagnement éclairé.

La maladie à corps de Lewy (MCL) est une affection neurologique progressive qui touche environ 100 000 personnes en France. Pourtant, elle demeure largement sous-diagnostiquée, confondue fréquemment avec la maladie d'Alzheimer ou la maladie de Parkinson. Comprendre ses spécificités constitue un précieux atout pour les patients, les aidants et les professionnels de santé.

Qu'est-ce que la maladie à corps de Lewy ?

Cette maladie tire son nom de dépôts anormaux de protéines — appelés corps de Lewy — qui s'accumulent dans les neurones du cerveau. Ces agrégats perturbent la transmission des signaux nerveux et entraînent une dégradation progressive des fonctions cognitives et motrices. Elle partage des mécanismes biologiques avec la maladie de Parkinson, ce qui explique certains signes cliniques communs.

Les signes caractéristiques à reconnaître

La MCL présente une constellation de symptômes distinctifs qui la différencient des autres démences :

  • Des fluctuations cognitives marquées : la vigilance et les capacités de concentration varient fortement d'un jour à l'autre, voire d'une heure à l'autre.

  • Des hallucinations visuelles récurrentes : le patient voit des personnes, des animaux ou des objets qui n'existent pas, souvent de façon très détaillée.

  • Des troubles du comportement en sommeil paradoxal : agitation nocturne, cris ou gestes brusques pendant le rêve, parfois des années avant le diagnostic.

  • Des signes parkinsoniens : rigidité musculaire, ralentissement des mouvements, instabilité posturale et risque accru de chutes.

  • Des dysfonctionnements du système nerveux autonome : hypotension orthostatique, constipation, troubles urinaires.

Le diagnostic : une démarche spécialisée

Le diagnostic de la MCL repose sur un bilan neurologique complet. Le médecin s'appuie sur l'anamnèse, les témoignages des proches et plusieurs examens complémentaires. L'IRM cérébrale oriente le diagnostic en éliminant d'autres causes. La scintigraphie DaTscan, qui évalue le système dopaminergique, offre une aide précieuse pour confirmer la maladie. Une polysomnographie étudie les troubles du sommeil. Le recours à un neurologue spécialisé dans les démences ou les mouvements anormaux s'impose dès l'apparition de signes évocateurs.

Attention aux médicaments à éviter

Les personnes atteintes de MCL présentent une hypersensibilité sévère aux neuroleptiques classiques. Ces médicaments, parfois prescrits pour gérer les hallucinations, aggravent brutalement les signes moteurs et engagent le pronostic vital. Le pharmacien joue ici un rôle de vigie indispensable en vérifiant chaque ordonnance et en alertant le prescripteur si nécessaire.

L'accompagnement au quotidien

La prise en charge globale de la MCL associe plusieurs approches complémentaires :

  • La kinésithérapie pour préserver l'équilibre et réduire le risque de chutes.

  • L'orthophonie pour maintenir les fonctions de communication et de déglutition.

  • La psychothérapie de soutien pour le patient et ses aidants, souvent éprouvés par l'imprévisibilité des fluctuations.

  • L'aménagement du domicile pour sécuriser l'environnement et prévenir les accidents.

L'équipe officinale constitue un relais de premier plan : conseil sur les traitements, surveillance des interactions médicamenteuses et orientation vers les dispositifs d'aide à domicile. N'hésitez pas à consulter votre pharmacien, qui travaille en lien étroit avec les médecins spécialistes pour assurer un suivi coordonné et sécurisé.

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