Chaque année, des milliers de personnes sont victimes d'un accident vasculaire cérébral ou d'un infarctus du myocarde. Ces urgences médicales absolues exigent une réaction immédiate. Pourtant, beaucoup de personnes hésitent, doutent et attendent. Ce guide vous donne les clés pour ne plus jamais perdre de temps précieux face à ces situations qui engagent la vie.
Reconnaître les signes d'un AVC : la méthode FAST
Face à un AVC, chaque seconde sans traitement détruit des milliers de neurones. La méthode FAST (en français : VITE) vous aide à repérer les symptômes en quelques instants :
V comme Visage : un côté du visage s'affaisse, la personne ne sourit plus symétriquement.
I comme Incapacité : un bras reste en dessous de l'horizontal lorsqu'on demande à la personne de lever les deux bras.
T comme Troubles de la parole : les mots sont incompréhensibles, la personne ne parvient plus à formuler une phrase simple.
E comme En urgence : composez immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112.
D'autres signes doivent aussi alerter : maux de tête brutaux et intenses, perte soudaine de la vision d'un œil, vertiges violents ou engourdissement d'un côté du corps.
Identifier un infarctus du myocarde
L'infarctus ne ressemble pas toujours à ce que l'on imagine. La douleur classique se manifeste par une oppression thoracique intense, comme un étau qui serre, irradiant parfois vers le bras gauche, la mâchoire ou le dos. Mais l'infarctus se présente aussi sous des formes atypiques :
Nausées, vomissements inexpliqués ;
Sueurs froides soudaines ;
Essoufflement brutal sans effort particulier ;
Fatigue extrême et inhabituelle, notamment chez la femme.
Chez la femme, les symptômes sont souvent moins typiques, ce qui retarde le diagnostic. La vigilance s'impose à tous, quel que soit le profil de la personne concernée.
Les gestes qui sauvent : que faire en attendant les secours ?
Une fois le 15 ou le 112 composé, suivez rigoureusement les instructions de l'opérateur. En attendant les secours, voici les réflexes indispensables :
Ne laissez jamais la victime seule.
Installez-la en position confortable : allongée sur le dos pour un infarctus suspecté, en position latérale de sécurité si elle est inconsciente.
Ne lui donnez rien à manger ni à boire, y compris de l'aspirine, sauf avis médical téléphonique explicite.
Si la personne cesse de respirer et n'a plus de pouls, pratiquez un massage cardiaque externe en attendant le défibrillateur automatisé externe (DAE) le plus proche.
Le massage cardiaque : un geste à la portée de tous
Placez vos deux mains superposées au centre de la poitrine et appuyez fort, à un rythme de 100 à 120 compressions par minute. L'opérateur du 15 vous guide en temps réel par téléphone. Ne craignez pas de faire mal : votre geste constitue la seule chance de survie de la victime dans ces instants critiques. Les défibrillateurs (DAE) sont désormais accessibles dans de nombreux lieux publics ; leur utilisation est intuitive et guidée vocalement.
La prévention, un allié de chaque jour
Au-delà de l'urgence, réduire les facteurs de risque cardiovasculaires reste la meilleure protection : surveiller régulièrement sa tension artérielle, contrôler sa glycémie et son cholestérol, maintenir une activité physique régulière et adopter une alimentation équilibrée. Votre pharmacien réalise des bilans de santé rapides et vous oriente vers les examens appropriés. N'attendez pas les symptômes pour agir : la prévention sauve autant de vies que les gestes d'urgence.