L'apnée du sommeil touche des millions de Français, pourtant elle reste mal connue et souvent banalisée. Entre idées reçues et réalités médicales, il est temps de faire la lumière sur cette affection respiratoire sérieuse.
VRAI / FAUX : L'apnée du sommeil ne concerne que les personnes en surpoids
FAUX. Si le surpoids constitue un facteur de risque reconnu, l'apnée du sommeil touche aussi des personnes minces. La morphologie du cou, la forme des voies aériennes, ou encore une anomalie de la mâchoire suffisent à déclencher le syndrome. Les femmes après la ménopause et les personnes âgées sont également concernées, quel que soit leur poids.
VRAI / FAUX : Ronfler fort signifie forcément que l'on fait de l'apnée
FAUX. Le ronflement est un signal d'alerte, mais pas une preuve formelle d'apnée. On parle d'apnée du sommeil lorsque des pauses respiratoires d'au moins dix secondes surviennent de façon répétée durant la nuit. Seule une polysomnographie, examen réalisé en laboratoire du sommeil, confirme le diagnostic.
VRAI / FAUX : L'apnée du sommeil augmente le risque cardiovasculaire
VRAI. C'est l'un des aspects les plus sérieux de cette pathologie. Les micro-éveils répétés et les baisses d'oxygène nocturnes sollicitent excessivement le cœur et les artères. Non traitée, l'apnée du sommeil élève le risque d'hypertension, de fibrillation auriculaire et d'accident vasculaire cérébral.
VRAI / FAUX : La fatigue diurne est le seul symptôme à surveiller
FAUX. La somnolence excessive pendant la journée est en effet fréquente, mais d'autres signes doivent alerter :
- Maux de tête au réveil ;
- Irritabilité et troubles de la concentration ;
- Nycturie (envies fréquentes d'uriner la nuit) ;
- Sensation d'étouffement durant le sommeil rapportée par le conjoint ;
- Bouche sèche au réveil.
VRAI / FAUX : La PPC (ventilation en pression positive continue) est le seul traitement possible
FAUX. La PPC reste le traitement de référence pour les apnées modérées à sévères, mais d'autres solutions existent selon la gravité :
- Les orthèses d'avancée mandibulaire, dispositifs portés la nuit en cas d'apnées légères à modérées ;
- La chirurgie ORL dans certains cas anatomiques spécifiques ;
- Les mesures hygiéno-diététiques : perte de poids, arrêt de l'alcool le soir, position latérale de sommeil.
VRAI / FAUX : Le pharmacien joue un rôle dans la prise en charge
VRAI. Votre pharmacien oriente, informe et accompagne. Il délivre les masques et consommables PPC, conseille les orthèses, et signale les interactions médicamenteuses avec les somnifères ou anxiolytiques susceptibles d'aggraver les apnées. N'hésitez pas à lui parler de vos nuits agitées. Il constitue un premier interlocuteur de confiance avant même la consultation médicale.
L'apnée du sommeil se dépiste et se traite efficacement. Ne laissez pas les idées reçues retarder une prise en charge qui change réellement la qualité de vie.